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De nos jours, la population du Svalbard est majoritairement composée de norvégiens qui partagent leur île avec quelques 800 russes et ukrainiens, ainsi que des scientifiques polonais. L'homme cohabite sur l'île avec l'ours polaire qui est présent partout. La loi norvégienne déconseille fortement d'aller se promener en dehors de Longyearbyen sans être armé d'un fusil (la location est de toute simplicité sur l'île).
Longyearbyen est la capitale administrative du Svalbard avec son "gouverneur" et dispose d'un aéroport, d'une université (l'UNIS), Sveagruva, qui est actuellement le centre de l'activité minière norvégienne. Les autres villes principales de l'île sont Barentsburg, la seule cité minière russe encore en activité, Pyramiden, ancienne cité minière russe et la base de recherche Polonaise Ny Alesund, également point de départ des expéditions vers l'Arctique.
En une trentaine d'années, la ville de Longyearbyen est passée d'une cité minière en un centre de prestations de services. A côté du musée, de l'université, de la bibliothèque, de la piscine, du gymnase, de l'hôpital, de l'école et des jardins d'enfants, l'agglomération dispose maintenant de plusieurs supermarchés, de magasins divers, d'une galerie d'art, d'hôtels et de restaurants ainsi que de différents tours opérateurs avec une infrastructure touristique bien développée. Le tourisme, la science, l'administration et indirectement l'exploitation minière sont les piliers les plus importants de l'économie.
Du fait de l'isolement, la vie s'organise un peu en milieu fermé: tous les services sont sur place. De nombreux clubs et sections sportives existent et sont très actifs, même si le nombre de participants n'est pas très élevé. D'autres associations ont un but plus social: représentation locale des syndicats professionnels et ouvriers, section de secours de la Croix-Rouge. En dehors des heures de travail, la vie sociale est peu visible de l'extérieur, néanmoins les activités de plein air sont fréquentes: l'hiver et surtout le printemps, ce sera une sortie motoneige pour passer le week end dans une "résidence secondaire", une petite maison en bois à l'écart de la ville (il y en a plus d'une centaine). L'été, le bateau remplace la motoneige mais dans une moindre mesure. Les agglomérations sont reliées par pistes pour motoneige ou éventuellement par bateaux, avions ou hélicoptères.
Les raisons qui poussent les travailleurs à venir s'installer, pour ne pas dire s'exiler dans ce pays "à la marge du monde" sont diverses: une des plus fréquentes est l'appât du gain, les salaires sont plus élevés que sur le continent, les impôts et taxes sont moins importants alors que le coût de la vie n'est guère plus élevé. De plus les avantages sociaux sont loin d'être négligeables: 6 à 7 semaines de vacances et la retraite accordée après trente années de travail. Les contrats de travail sont de trois ans (deux ans pour les russes) alors que les fonctionnaires (police, hôpital, école,...) ne peuvent pas rester plus de cinq ans. Les employés peuvent prolonger leur contrat aussi longtemps qu'ils le veulent, certains résident au Svalbard depuis plus de vingt ans.
Auparavant, Longyearbyen était une ville-compagnie au mode de vie particulier: isolement hivernal, très forte majorité d'hommes, travail en trois-huit, 6 jours par semaine. Après l'ouverture d'un aéroport, la ville évolue vers une situtation comparable à celle des autres villes de Norvège: facilité de communication (avions, télécommunication, journaux, télévision), sédentarisation avec femmes et enfants, encouragement à l'initiative privée (une quarantaine de firmes et institutions représentées), établissement d'une démocratie locale, ouverture au tourisme.
Avec une croissance de la population de 4% par an, la construction de nouveaux logements était devenue un problème, car dans le passé la plupart des habitations étaient destinées aux mineurs et aux employés. Ce n'est que durant ces toutes dernières années qu'on a construit des maisons pour la propriété privée.